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Les opérateurs se préparent pour la bataille de l’Ouest
«Le marché africain est très prometteur»
Le président de la Fenagri, Mohamed Fikrate parle des enjeux qui se présentent pour le secteur agroalimentaire marocain, ainsi que des opportunités à l’export qui se profilent à l’horizon, notamment en Afrique.

Quel regard portez-vous sur le thème choisi pour la 12e édition du Salon international de l’agriculture de Meknès (SIAM), axé sur «l’agrobusiness et les chaînes de valeur agricoles durables»?
L’agrobusiness est un secteur riche de potentialités en termes d’opportunités d’emploi, de richesse économique et de capacités d’export. Ce secteur est appelé à consolider les acquis des différents programmes et plans d’action lancés dans le cadre du Plan Maroc Vert. La valorisation est un ingrédient essentiel au processus de modernisation et de développement d’une production agricole. Le choix d’un thème axé sur l’agrobusiness est à mon avis plus qu’urgent. Près de 40% de Marocains se trouvent dans le monde rural et une grande majorité vit de l’agriculture. Or, l’activité agricole a plusieurs défis à relever en matière de modernisation, de valorisation et de compétitivité. Car en l’absence d’une chaîne de valeur intégrée et complète, on peut subir de très fortes fluctuations des prix.

Comment voyez-vous l’évolution de l’industrie agroalimentaire en Afrique ?
De manière générale, l’agrobusiness en Afrique se retrouve face aux mêmes défis que celui marocain. Certains pays sont dotés d’un secteur agrobusiness présentant le même niveau de développement, voire parfois légèrement supérieur que celui du Maroc, comme l’Égypte et l’Afrique du Sud. D’autres pays sont en train de structurer leur industrie agroalimentaire. En tant qu’opérateurs, nous avons les mêmes attentes, ce qui ouvre la voie au développement d’une coopération renforcée en multipliant les échanges sur nos expériences respectives. Nous sommes convaincus que nous pouvons maximiser les synergies positives. D’abord en amont de la chaîne de valeur, plusieurs produits agricoles ne sont pas suffisamment valorisés pour atteindre le niveau attendu par le marché. L’industrie agroalimentaire a le mérite de structurer cette activité en facilitant aux populations l’accès à des produits sécurisés répondant aux normes sanitaires. L’industrialisation rend les produits moins chers et donc compétitifs. Grâce à l’expérience accumulée dans plusieurs secteurs, les entreprises marocaines ont la capacité de relever ces défis et de contribuer à la valorisation des produits agricoles en Afrique.

Que représente le marché africain pour les entreprises agroindustrielles marocaines ?
Le marché africain est très prometteur. Il importe de traiter la question d’accessibilité. L’intégration du Maroc à la Cedeao donnera aux entreprises marocaines l’accès à un marché de 300 millions d’habitants, avec ce que cela apporte en termes de suppression des droits de douane. Nous devons commencer à nous y préparer. Pour cela, nous devons mettre l’accent sur les aspects liés au financement et à l’accompagnement institutionnel, en tirant profit des multiples accords signés par le royaume avec les gouvernements africains.

Le cadre fiscal, ainsi que l’environnement institutionnel et réglementaire, sont-ils propices au développement de l’industrie agroalimentaire au Maroc ?
Je salue le travail mené par la Direction générale des impôts qui a été très réceptive à nos requêtes et a travaillé en étroite collaboration avec la Fenagri pour la mise en place des nouvelles modalités d’application de la TVA, de sorte à rendre les produits agricoles accessibles pour la valorisation. Cela a donné une certaine visibilité à plusieurs secteurs (fruits et légumes) qui ont ainsi pu engager les investissements nécessaires à la modernisation de l’outil de production. C’est un processus qui demande du temps pour construire l’écosystème sur des bases pérennes. Il faut continuer à faire confiance aux opérateurs agroalimentaires marocains reconnus pour leur sérieux. Ces derniers ont la volonté d’améliorer les outils de production, de créer des emplois et d’aller vers des marchés internationaux. D’un point de vue réglementaire, le consommateur a besoin de produits fiables et sécurisés. Or aujourd’hui, plusieurs produits sont fabriqués hors des circuits organisés. Nous devons agir pour faire évoluer les choses. En tant que Fenagri, nous allons travailler ardemment pour faire aboutir ces chantiers. C’est bénéfique à la fois pour les agriculteurs, les industriels et les consommateurs. 


Source : LESECO : 18 avril 2017