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TVA non-apparente secteur agroalimentaire / Entretien avec Mohammed Fikrat, président de la Fenagri
Entretien avec Mohammed Fikrat, président de la Fenagri
 «Nous espérons généraliser le principe de la TVA non-apparente à l’ensemble de l’industrie agroalimentaire»


Le Matin Eco : Où en sont vos négociations avec la Direction générale des impôts et quelles sont vos principales doléances dans le cadre de la loi de Finances 2018 ?
Mohammed Fikrat
: En matière de fiscalité, nous avons établi depuis quelques années un cadre de concertations permanent avec la Direction générale des impôts. Celui-ci a débouché en 2016 sur l’adoption de la TVA non-apparente pour les industries des fruits, légumes et légumineuses. Cette mesure est une première et une innovation fiscale majeure pour notre secteur : elle lui permet pour la première fois de combler le différentiel de TVA qui existe entre intrants et produits finis de l’industrie agroalimentaire, et de s’affranchir ainsi du déficit de compétitivité que ce différentiel créait.    
Pour 2018, nous espérons généraliser le principe de la TVA non-apparente à l’ensemble des activités de l’industrie agroalimentaire. En effet, la problématique du différentiel de TVA entre intrants et produits finis est une problématique générale de notre industrie. La TVA non-apparente a été adoptée dans le cadre de la loi de Finances 2016, et nous disposons aujourd’hui d’un retour d’expérience encourageant pour plaider en faveur de sa généralisation à l’ensemble de l’industrie agroalimentaire. À moyen terme, cette mesure sera à même de générer de l’investissement et de la création d’emplois dans notre secteur.
Par ailleurs, la Fenagri a proposé de baisser en 2018 la TVA sur certains produits alimentaires de base comme les pâtes alimentaires, les céréales infantiles et la margarine. Notre requête a pour objectif principal de baisser le prix de ces produits pour les rendre plus accessibles aux consommateurs marocains.   

Qu’en est-il de l’accès au financement ?
Beaucoup d’entreprises marocaines et en particulier les PME souffrent de difficultés réelles en matière d’accès au financement. Mais il ne s’agit pas d’une problématique spécifique à l’industrie agroalimentaire puisque l’ensemble des secteurs économiques y sont confrontés. La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) ont organisé en janvier 2016 une rencontre avec les différentes fédérations pour traiter le sujet, et nous nous inscrivons totalement avec les recommandations qui ont émané de cette rencontre.

Sur le volet exportations, quelles sont les filières qui réussissent le plus et celles à fort potentiel mais qui restent à développer ?
Le Maroc dispose d’un vrai potentiel à l’export pour l’ensemble de ses filières agroalimentaires. Ce potentiel est à chercher dans le savoir-faire industriel de ses entreprises, la diversité de ses terroirs et territoires et son positionnement géographique.   
Certaines filières agro-industrielles ont une vocation exportatrice très marquée. Elles ont pu développer très tôt des parts de marché à l’international qui, au fil du temps, est devenu un de leur principal débouché. Il s’agit notamment de la filière des produits de la mer et de la filière des fruits et légumes transformés.
D’autres filières étaient historiquement tournées vers le marché intérieur pour assurer la sécurité alimentaire du pays. Grâce au Plan Maroc vert et à l’ensemble des efforts réalisés par les pouvoirs publics et les professionnels, nous constatons aujourd’hui que ces filières exportent aujourd’hui des volumes très intéressants partout dans le monde. Il s’agit des filières de l’huile d’olive, des produits laitiers, des charcuteries, des pâtes et couscous et de la biscuiterie confiserie et chocolaterie.
Enfin, le Maroc dispose d’un patrimoine riche et diversifié de produits naturels. Ces produits disposent d’un grand potentiel à l’export, et l’e-commerce est un levier à privilégier pour les valoriser.  

Quel bilan faites-vous jusqu’ici des performances du secteur en Afrique et quelles perspectives de croissance sur le continent ?
Le marché agroalimentaire africain reste globalement porteur. Notre industrie dispose de bons atouts à faire valoir, en particulier la qualité de nos produits qui est largement reconnue sur ce marché. Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises marocaines exportent en Afrique, mais le potentiel est encore loin d’être épuisé. Pour maximiser nos atouts, nous devons relever plusieurs défis avec en premier lieu l’amélioration de la chaîne logistique entre le Maroc et l’Afrique et le développement de lignes maritimes et aériennes régulières et compétitives.  


Source : LE MATIN du 15 novembre 2017